“L’Allemagne leur promettait la lune”
“Mon père, anversois et licencié de l’école des officiers, était chauffeur de l’Oberbefehlshaber Flanderns à Bruxelles, raconte Werner Van Echelpoel.
Il parlait couramment le français, l’allemand et le néerlandais. Ma mère, elle, était allemande. Lorsqu’ils ont voulu se marier, l’autorisation leur a été refusée car les Allemands ont découvert que ma mère avait de lointaines origines juives. Finalement, le dossier s’est arrangé fin 43 (…) Ils vivaient en Allemagne lorsque maman est tombée enceinte. Il était prévu qu’elle accouche à Wégimont mais à la fin du mois de septembre 44, comme la maternité liégeoise avait été évacuée, je suis né au lebensborn de Wiesbaden. Après de grandes difficultés, Werner a pu obtenir un certificat de naissance. « Il ne faut pas oublier le contexte de l’époque. La plupart des volontaires étaient flamands. La Flandre a toujours voulu se donner une identité et l’Allemagne, à cette époque, leur promettait la lune. Beaucoup de Flamands sont partis sans savoir comment ni pourquoi. Ce qui n’était pas le cas de mon père qui, lui, avait une conscience politique. A la fin de la guerre, il a fait 18 mois de détention préventive mais il avait des amis qui ont arrangé le dossier et il n’a jamais été condamné. Ma maman, elle, a toujours marché avec lui. Jusqu’à sa mort, il y avait d’ailleurs un portrait de Rudolf Hess dans sa maison (…) Ce sont mes parents. C’est grâce à eux que je suis là mais je ne suis pas responsable de ce qu’ils ont fait ou pensé. »
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