“Une honte que personne ne peut comprendre”

Née Gizela Magula le 11 octobre 1943 à Wégimont, celle qui s’appelle aujourd’hui Gisèle Niango a ensuite transité par les lebensborn de Bad Polzin, de Wiesbaden, Ansbach puis Steinhoring le 3 avril 1945. C’est là qu’elle est retrouvée, en même temps que d’autres enfants, par les Américains puis transférée à Indersdorf où elle restera jusque juin 1946. A ce moment, elle est mise dans un convoi vers la France car erronément, on considère qu’elle parle français. Elle arrive avec les autres enfants à Commercy et est adoptée par la famille Marc.


« Cette petite enfance, c’est une honte que personne ne peut comprendre, explique-t-elle. On sait qu’on n’est pas coupable mais on a honte d’avoir fait partie de ce programme de sélection raciale. Moi, ça m’a détruit intérieurement. Rien ne peut plus me toucher que ça. Il n’y a pas de plus grand déchirement. » Elle exprime aussi sa « colère » envers les historiens, coupables de ne « pas s’intéresser à ce programme nazis » et de « ne pas s’occuper de ces enfants qui ont erré toute leur vie, privés de tout repère. »

lebensborn wegimont


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D’innombrables recherches lui ont permis de retrouver trace de sa maman, une Hongroise réfugiée à Bruxelles au moment du Pogrom et décédée – quelques semaines avant qu’elle ne la contacte - en janvier 2005 à Huy. Son père, soupçonne-t-elle, aurait été un Autrichien enrôlé dans l’armée allemande et caserné à Malines.

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