“C’est encore trop douloureux”
« Chaque Germain que nous amenons en Allemagne et dont nous faisons un Germain de conscience allemande est un combattant de plus pour nous et un de moins pour l’autre côté. » (Discours de Heinrich Himmler le 8 novembre 1938).
Ces enfants dont personne ne voulait, dont on ne savait rien ou si peu, furent donc arbitrairement dispersés entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Nés d’une mère belge et d’un père collaborateur flamand, voire issu de la SS ou de la Légion Wallonie, ils ont en commun une enfance cabossée. « L’instituteur me traitait de sale Boche, les gens du village racontaient que ma mère était allée avec des Allemands », se souvient Walter. « Lorsque j’étais petite, j’entendais qu’on traitait ma mère de prostituée », complète Gisèle. Souvent, ils partagent aussi ce désespoir d’avoir servi malgré eux les théories racistes des nazis. Si quelques-uns, en perpétuelle quête de leur passé et de leur identité, dénoncent ouvertement cet héritage, d’autres ont préféré l’enfouir et l’oublier. Certains l’ignorent encore même aujourd’hui. Retrouvés en Belgique, en Allemagne, en France et en Australie, une dizaine de ces enfants du lebensborn liégeois ont préféré laisser fermé l’album de famille. « C’est encore trop douloureux », résume l’un d’eux.
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