Pendant quelques jours d’octobre, le cœur du conseil d’administration du Holding Communal a balancé : liquidation ou faillite ? Le premier scénario a finalement été retenu : il devrait permettre, a tenté de rassurer le président du CA Francis Vermeiren, « un atterrissage en douceur plutôt qu’une chute ».

Une métaphore que les communes ont dû apprécier : fortement encouragées – par la Région mais aussi le fédéral – à recapitaliser le Holding en 2009, elles n’ont aujourd’hui plus que leurs yeux pour pleurer. La première, et la plus importante, action de recapitalisation avait en effet pris la forme d’une levée de capitaux de poids : les actionnaires historiques du Holding que sont les communes avaient été invités à acheter, au prix de 40,96 euros l’unité, de nouvelles actions (appelées actions A) du holding. La seconde opération avait consisté en un échange de certificats Dexia contre de nouvelles actions (dites B, pour les différencier des premières). Il ne s’agissait donc pas dans cette deuxième opération d’un apport en numéraire, mais plutôt d’un jeu d’écritures comptables. Ces actions A et B sombrent donc avec le Holding. Enfin, cet effondrement du patrimoine communal doit être complété par la disparition des actions anciennes (appelées ordinaires) qui marquaient l’actionnariat des communes dans l’ancien Crédit communal. Et bien sûr, par une perte conséquente de dividendes : en souscrivant à l’augmentation de capital en 2009, les communes s’étaient en effet vu promettre un incroyable dividende de 13 % pendant dix exercices. Ce dividende a été versé en 2010, il ne l’a plus été par la suite et ne le sera plus.

Que va coûter ce fiasco aux contribuables ? Selon leur degré d’optimisme ou au contraire de pessimisme, les municipaux retiennent plusieurs scénarios :
La version douce. C’est en quelque sorte l’incontestablement dû : le cash injecté en 2009 (actions A) est perdu et les neuf annuités de dividendes qui restaient à percevoir ne le seront jamais.
La version intermédiaire. Elle reprend la version douce mais y ajoute les parts B qui, elles aussi, ont sombré avec le Holding. La valeur de ces actions B a été fixée en 2009 au même prix de 40,96 euros. Ce scénario semble le plus objectif, il est également retenu par l’Union des Villes et des Communes de Wallonie. Il reste néanmoins optimiste car ne tenant notamment pas compte des actions ordinaires qui ont été perdues, ni des intérêts qu’aurait rapporté l’argent investi dans le Holding s’il avait été maintenu dans les fonds de réserve.
La version apocalyptique. Défendue notamment par le PTB, elle reprend, en sus, la perte liée aux actions ordinaires. S’il est vrai que ces actions ordinaires avaient une valeur (certaines communes en ont d’ailleurs revendu à d’autres communes pour augmenter leur trésorerie), cette valeur est impossible aujourd’hui à estimer : d’une part parce que ces certificats ont été obtenus gratuitement par les communes lorsqu’elles empruntaient au Crédit communal, d’autre part parce que le prix définitif d’une action ne peut être fixé que lorsque celle-ci est revendue. Et par définition, les communes qui restent avec ces actions sur les bras ne les ont jamais revendues.

Mode d’emploi

Les pertes enregistrées par les communes ont, dans les graphiques ci-dessous, été rapportées à leur nombre d’habitants : Seraing arrive largement en tête des municipalités lésées, suivis de Spa, de Saint-Nicolas puis de Charleroi, etc. Dans l’infographie ci-dessous, réalisée à l’aide du service Many Eyes, il suffit d’effleurer le nom d’une commune avec le pointeur de la souris pour obtenir la dette prévue par habitant. La superficie des rectangles mais aussi leur couleur varient en fonction de la dépenses que devront supporter les contribuables.
Deux menus déroulants, situés sous le tableau, permettent de personnaliser ce dernier en choisissant les critères à mettre en évidence : pertes liées aux actions A, pertes liées aux actions B, pertes liées aux dividendes (sur 9 ans), total des pertes.

Enfin, tous ces chiffres sont détaillés dans le tableau qui se trouve sous l’infographie. Ils ont également été publiés le 29 octobre dans Le Soir.


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Comments ( 2 )

[...] le naufrage de Dexia va-t-il coûter aux communes wallonnes? Après une estimation des pertes sur Google Docs et une infographie avec ManyEyes,d’autres infographies réalisées [...]

@joelmatriche » Le blog de jo added these pithy words on Nov 01 11 at 3:23 pm

[...] une simulation des pertes de chaque commune puis le calcul de ces pertes par habitant et enfin une première infographie, essai de cartographie avec Tableau Public. Ce [...]

@joelmatriche » Le blog de jo added these pithy words on Nov 02 11 at 5:39 pm

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